La peau de nos bébés, à la découverte de Mustela

Je suis née il y a 33 ans, dans les années 80, durant lesquelles nos parents avaient peu de références et peu d’informations concernant la composition des produits. Je crois qu’à l’époque, on se référait surtout au marketing utilisé: un beau bébé joufflu souriant et cul-nu, qui avait l’air heureux d’être lavé et crémé, allez hop dans le caddie! Maman si je me trompe, pardonne-moi !

Maintenant, dans les années 2010, on est ultra informé, ultra médicalisé, ultra flippé et connecté ! Dès lors, comment ça se passe? Enceinte, vous vous demandez comment prendre soin de votre bébé; de quoi va-t-il avoir besoin sur le plan hygiénique? Vous commencez par acheter le magazine 60 millions de consommateurs special baby, puis vous allez voir sur internet et les réseaux sociaux, forum, insta et compagnie… Puis, et je m’inclue dedans, on se met à tout scanner dans les magasins, frénétiquement, par peur d’acheter ou de manger un truc néfaste pour notre corps de femme qui porte la vie, et c’est là que ça se complique: bébé n’est pas encore là, que c’est déjà la panique !!!

Si on résume, finalement, pendant la grossesse: un peu d’huile d’olive sur le ventre pour les vergetures et des pommes bio au déjeuner, et tu es sûre que bébé se portera bien! Quoi que tu n’es pas à l’abri de l’erreur de débutante, en fonction de la région où tu vis et des centaines de litres de pesticides balancés dans l’environnement… Bon et puis celles qui continuent à mettre du deo, à se laver avec du gel douche, mettre du shampoing sec dans leurs cheveux et portent la collection grossesse de chez H&M, made in Bangladesh, autant vous dire que vous risquez gros! Et je ne parle pas de la petite clope, pour éviter d être stressée pendant la grossesse !!!

Bon, vous l’avez bien compris, je fais un peu d’auto-dérision, puisqu’il est quasi impossible, hormis si on a été éduqué dans une secte écolo/vegan, d’être irréprochable. Mais maintenant que nous sommes informés, nous n’avons plus le droit de faire l’autruche.

Le porte-monnaie a également un impact énorme sur notre façon de consommer, au delà du fait d’être informé. On ne peut pas tous acheter bio à 100% ( alimentation, cosmétologie, vêtements…). Cela représente environ 79 % de budget en plus pour un panier de légumes, par rapport à son équivalent en produits conventionnels ( source ufc_que choisir) !

Certaines marques ont vu leur image ternie, voire ont été boudées: c’est le cas de Mustela, une marque bien connue en France mais également très largement implantée en Europe.

Avant d’être maman, même si je suis infirmière en pédiatrie, je pensais que tout ce qui était vendu en pharmacie était un gage de qualité, et donc Mustela et son odeur « bébé parfait » était pour moi une évidence: j’achèterai du Mustela ! Puis j’ai lu, à droite à gauche: compo « cracra ». Alors moi, comme je suis un peu une feignasse et que je n’utilise pas les applications qui décryptent les étiquettes, je n’ai pas vraiment cherché à comprendre et dans ma petite tête de mouton, j’ai boycotté la marque. J’ai même persisté à véhiculer l’idée que c’était pas top-top, sans pour autant utiliser, pour les premiers mois de vie de Constance, une marque irréprochable. Bon, depuis, je vous rassure, je me suis ultra informée.

Et puis Mustela m’a invitée. Dans un premier temps, j’ai refusé. Ensuite, ils sont venus vers moi à nouveau et je me suis dit « les gars ils n’ont pas peur ! »: ils invitent des gens qui n’utilisent pas leur produits, et qui ne sont pas convaincus par la marque ! Du coup, ça m’a donné envie d’être moins feignante et plus curieuse, d’aller me faire mon propre avis. Libre , et c’est non-négociable, d’écrire ce que je veux, mais surtout de poser les questions qui me semblaient être importantes, sans tabou. J’ai été surprise de voir que la marque était à l’aise avec nos questions ( non préparées), que l’on puisse filmer leurs réponses (sans préparation également). Je n’ai absolument pas ressenti cette invitation comme un endoctrinement ou un coup marketing.

Nous nous sommes donc rendues, à la fraîche, dans les labos Mustela à Épernon en Eure-et-Loire. Après une brève présentation de la marque, nous avons pu observer les méthodes d’extraction des matières premières: aucun solvant chimique n’est utilisé pour l’extraction des extraits végétaux. Mais également, d’où celles-ci venaient: le perséose d’avocat étant l’un de leur composant phare, ils nous en ont expliqué la culture responsable au Pérou ( respect des populations locales, respect de la biodiversité et création de valeur économique en locale ). Les avocats utilisés pour extraire le perséose, par exemple, sont des avocats qui ne peuvent être vendus pour le commerce de bouche (mauvais calibrage, abîmés…) et quand on voit les tonnes de légumes jetées, je trouve ça top de pouvoir leur donner une seconde vie pour la cosmétologie.

« 95 % d’ingrédients d’origine naturelle en moyenne dans les produits Mustela® bébé-enfant*, avec 98% dans la gamme Peau très sensible et dans la gamme pour le change. Les % restants qui ne sont pas naturels sont des ingrédients de texture, de stabilité et de conservation qui sont garantis haute tolérance et n’ont pas d’équivalents naturels aussi sûrs et efficaces. » ( source Mustela )

Nous nous sommes ensuite rendues dans un second labo, toujours dans les mêmes locaux, où l’on a pu observer les nombreuses recherches et tests (en réaliser également) dont font l’objet les produits Mustela. Les tests sont réalisés sous le contrôle d’experts toxicologues indépendants. Une petite énumération des tests réalisés : des tests de tolérance cutanée, oculaires in-vitro, des tests d’hypoallergénicité et des tests sur peaux sensibles et très sensibles, des tests spécifiques en fonction des typologies de peau (peau normale, atopique…), des tests en conditions réelles d’utilisation sous contrôle dermatologique et/ou sous contrôle pédiatrique sur nourrissons et bébés, incluant systématiquement des bébés de moins d’1 mois. Aucun test n’est réalisé sur les animaux chez Mustela !

Troisième labo, j’ai été fascinée par la technique qui consiste à faire de la modélisation de peau de bébé de différents âges: une exclusivité mondiale brevetée appelée Stelaskin®, afin de tester les produits sur ce modèle avant les tests in-vivo. Bon en langage non laborantin ça veut dire, créer de la fausse peau de bébé de différents âges et types et donc de tester en amont sur cette fausse peau avant de faire le test en condition réelle sur de vrais bébés, sous contrôle dermatologique bien évidemment !

« au total, ce sont plus de 450 mesures et tests qui sont réalisés sur chaque produit avant sa commercialisation pour assurer sa qualité, sa sécurité et son efficacité. » ( source Mustela )

Puis le plus fun pour la fin, nous avons terminé par le labo qui élabore tous les produits Mustela. Là où l’on imagine les produits de demain, les nouvelles formulations, avant de partir en phase de test. Seulement une fois que tout est validé, la formulation peut partir en usine, pour être reproduite à très grande échelle. Le fun donc: nous avons fabriqué notre propre crème Mustela, la plus iconique de la marque. J’ai adoré jouer au petit chimiste avec ma partenaire (Manon Calleja).

Une pause bien méritée, un déjeuner avec l’equipe Mustela, les directeurs des différents labo à qui nous avons pu, à nouveau, poser toutes nos questions; des échanges moins formel, en transparence et sans gêne apparente.

Ensuite direction l’usine, règles d’hygiène strictes ( charlotte, lunettes, blouse, surchaussures, lavage de main désinfectant). Le directeur du site, qui nous accompagne dans cette visite, est ultra dynamique et explique vraiment bien les différents procédés, très important lorsque l’on a jamais mis les pieds dans une usine de cosmétologie. Nous avons pu voir l’endroit où sont fabriquées en « énorme » quantité, les crèmes, dans des sortes de robots ménagers géants; puis la mise en bouteille, en plastique certes mais flacon 100% recyclable (grammage du plastique diminué de moitié ). Je me permets de reprendre la phrase de Marie-Laure du blog 40 ans 4 enfants «  Vous savez, l’emballage c’est l’éternel problème sans solution et ce n’est pas la faute de Mustela en particulier. Plastique on se demande si c’est inoffensif et verre c’est une catastrophe à transporter (coût carbone ++++++) et c’est très dangereux dans une salle de bains… ».

L’usine fait également de gros effort concernant son empreinte carbone via une diminution de la consommation d’électricité de 23% en 9 ans, et -33% pour l’eau.

Pour terminer je vous livre mes impressions quelques semaines après: étant une personne exaltée, à chaud, j’ai tendance à dire que tout est merveilleux !!! Et bien, même à froid, la visite du site d’Epernon me laisse une très bonne impression. J’ai pu voir par moi-même, poser des questions, avoir des réponses pertinentes et sans langue de bois. Bien évidemment vous me direz « ils t’ont raconté et montré ce qu’ils voulaient bien te montrer » : pas faux. Mais, ouvrir ses labos et ses usines à des bloggeuses  sur qui ils n’ont absolument pas de contrôle concernant les publications et les photos, je trouve ça « couillu » ! Cela m’a permis de pouvoir constater que la marque a fait d’énormes progrès concernant leurs emballages et la composition de leurs produits, qui excluent une liste « rouge » d’ingrédients controversés ( paraben, phtalate, ammonium laurysulfate… ). Par ailleurs, il reste encore 2/3 produits sur la soixantaine de produits que comportent la marque, dans lesquels on peut constater la présence de cyclopentasiloxane , qui est un perturbateur endocrinien. La marque est en cours de commercialisation d’une nouvelle formule sans cet ingrédient.

On attend bien évidemment que la marque se place sur le marché du bio… j’ai confiance en eux !!!

Je vous invite à lire l’article de Marie-Laure qui est très complet et pertinent.

No Comments

    Leave a Reply